WAMPAS : ON CONNAIT LA CHANSON

Une fois de plus, la vieille recette, qui consiste à chercher intentionnellement un avis négatif du BVP et à crier ensuite à la censure arbitraire, vient d’être utilisée pour le lancement d’un disque.

Les faits : le spot pour le lancement du dernier disque des Wampas, incluant le morceau « Chirac en prison », a reçu deux avis « à modifier » du BVP jusqu’à ce que la référence au Président dans ce titre ne soit plus explicite. Donc, classiques cris d’orfraie et tam-tam médiatique.

Or, rappelons que les règles de droit positif sont absolument sans ambiguïté sur ces sujets. Le titre « Chirac en prison » constitue une référence directe à une personnalité politique aisément identifiable et est donc contraire au décret du 27 mars 1992 en son article 5, qui précise que "la publicité ne doit contenir aucun élément de nature à choquer les convictions religieuses, philosophiques ou politiques des téléspectateurs" . Il s’ agit d’une doctrine constante bien connue depuis la RFP ( ouverture de la publicité à la TV) et appliquée par toutes les autorités de régulation. Un courrier du CSA est venu, en septembre dernier, le rappeler à un annonceur qui s’étonnait d’une de nos positions sur le sujet…

Ne confondons pas tout. Il ne s’agit en rien de censure ni d’un artiste, ni de son oeuvre. Il s’agit d’un avis sur un matériel publicitaire motivé par des règles de droit : dès lors qu’il intervient dans le cadre d’une publicité commerciale, la qualité d’artiste de l’émetteur ne l’exonère pas de se plier aux règles contraignantes qui encadrent la publicité.

On regrettera au passage que l’organe d’autorégulation dont les professionnels se sont dotés serve une fois de plus de tremplin médiatique à la diffusion d’un annonceur particulier.

Publié le : 30 mars 2006.

-
Dérapage

-
Surcouf : les féministes à l’abordage

-
Ecorce des arbres : graveurs s’abstenir !

-
Image du corps : visuel maladroit

-
Ryanair : retour sur le droit à l’image

-
Nolita : non à l’instrumentalisation de l’anorexie

-
Poweo : attention, les enfants regardent

-
Bébés : à coucher sur le dos, même en publicité

-
Dolce Gabbana : derniers adeptes du porno-chic ?

-
Vrais démarchages, faux supports, faux BVP… vraies factures

-
Cristaline : la pub et l’eau du bain