Tendance : la " Trash attitude" séduit la publicité ?

Lors de sa présentation rituelle des tendances publicitaires de l’année, TNS Media intelligence a souligné l’émergence d’un courant baptisé « la trash attitude », consistant en gros à utiliser des messages et/ou visuels morbides, violents et/ou cyniques. Le sanguinolent serait tendance, de même que la référence à la mort (mort-vivants, couronnes mortuaires, etc.), à la maladie et, plus largement, les imaginaires propres aux films d’horreur.

Cette tendance se développe probablement en résonance avec une certaine culture cinématographique et télévisée qu’affectionnent tout particulièrement les ados et jeunes adultes. Il est vraisemblable que ces publics trouvent ces publicités très réussies, très drôles et n’en sont nullement choqués. Le but de ces messages est alors pleinement atteint et les résultats d’éventuels pré ou post-tests leur seraient très certainement favorables.

Un problème déontologique se pose en revanche pour les publics hors cible, publics malgré eux en quelque sorte, lorsque ces messages sont diffusés sur des supports à audience large. Le cas s’est par exemple présenté avec la dernière campagne Eastpack mettant en scène sur de (très) grands panneaux d’affichage des morts-vivants plus vrais que « nature ». Au sortir du métro de bon matin, certains passants non préparés ont eu le mauvais goût de ne pas apprécier et s’en sont plaints au BVP.

A cela s’ajoutent des principes déontologiques qui valent quels que soient les supports et quels que soient les publics exposés : c’est, par exemple, le cas de la règle de non représentation publicitaire de la violence ou de l’homicide. Ainsi, c’est sur ce motif que nous sommes intervenus auprès de Dolce & Gabbana au sujet d’une récente campagne visualisant des meurtres.

Bref, la « trash attitude » nouvelle tendance publicitaire, pourquoi pas ? Nous n’avons pas à jouer les arbitres des élégances. Et la publicité n’a pas à se couper du reste des expressions culturelles de l’époque. En revanche, il est des lignes jaunes à ne pas dépasser pour éviter de heurter inutilement les sensibilités du grand public au risque de porter atteinte à l’image de la publicité. Du trash oui, mais du trash éthique alors.

Publié le : 12 mars 2007.

-
Débat

-
Communication d’organismes publics : le BVP a-t-il son mot à dire ?

-
Homosexualité en publicité : le dilemme et les bornes

-
Tauromachie et publicité : le BVP dans l’arène

-
Mac Donald’s : la clim’ en question

-
Mitsubishi : comment ne pas aller trop loin

-
Publicité et développement durable : débat en vue

-
Dessous et politique : fallait - il s’abstenir ?

-
Récupération du politique en publicité : toujours plus

-
Marithé et François Girbaud : guerre et pub

-
Développement durable : regarde les voitures tomber