Tauromachie et publicité : le BVP dans l’arène

Durant l’été, une campagne de victimisation de la SPA a tenté de faire passer le BVP pour un censeur liberticide et, de surcroît, favorable aux corridas. Ceci au motif que ce dernier aurait « interdit » un spot télévisé dénonçant les corridas. L’affaire est remontée jusqu’au Président de la République, contacté sur son lieu de vacances…

Les faits en réalité sont les suivants :

Sur la forme, le BVP n’a rien interdit : ce projet de publicité était en cours d’examen dans le cadre d’une demande de conseil adressée au BVP par la SPA (adhérent du BVP et donc, a priori, de l’autodiscipline…) : cette consultation était encore en cours – les discussions entre le BVP et la SPA laissant d’ailleurs entrevoir la possibilité d’une solution - lorsque l’annonceur a brutalement pris le parti de rendre l’affaire publique en invoquant une « censure », créant un amalgame entre ces conseils reçus à sa demande et une prétendue interdiction du BVP. Or, il faut bien savoir que les conseils du BVP n’ont qu’une valeur consultative : l’annonceur et les médias peuvent toujours décider de prendre, en connaissance de cause, leur responsabilité et de diffuser malgré tout la publicité concernée. Mais il est tentant de parler de « censure » pour faire pression sur l’opinion.

Sur le fond, dans cette affaire, le BVP n’a fait qu’appliquer la loi : la publicité concernée étant destinée aux écrans publicitaires télévisés, elle tombe sous le coup du Décret du 27 mars 92 qui encadre cette dernière. Ce texte dispose notamment que « …la publicité doit être exempte […] de toute scène de violence », dans un souci, notamment, de protection des publics sensibles, au premier rang desquels les jeunes publics, préoccupation centrale du CSA. Que les anti-corridas se rassurent, les difficultés du dossier SPA ne sont en rien spécifiques à la tauromachie : des publicités pour des causes très louables - dénonciation de l’inceste ou des violences faites aux femmes - ont pu par le passé, de la même façon, se voir déconseillées par le BVP au motif qu’elles risquaient de choquer le public du fait de leur violence. Mais là encore, répétons que, s’agissant d’une question purement juridique, l’annonceur peut parfaitement choisir de prendre le risque d’une intervention du CSA. Ou alors, s’il juge la loi mal adaptée à ce type de message, d’en demander une modification au législateur. Le BVP ne fait pas la loi, il s’emploie « simplement » à aider les annonceurs et les médias à la respecter.

Ce type de manoeuvre est malheureusement bien connu : des organismes n’ayant pas les moyens financiers d’acheter de l’espace publicitaire décident de présenter une campagne publicitaire illégale de manière à la faire connaître, gratuitement, par voie de presse. Quitte à piétiner la déontologie publicitaire…Fort heureusement, sur plus de 300 dossiers de campagnes d’opinion que le BVP a eu à traiter sur le premier semestre 2007, c’est le seul cas de polémique auquel nous ayons été confrontés. Signe malgré tout que la très grande majorité des annonceurs de ces secteurs acceptent de jouer le jeu de l’autodiscipline, malgré les contraintes qu’il leur impose.



Publié le : 14 septembre 2007.

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