Publicité et développement durable : engagements tenus et premières avancées

A l’issue du Grenelle, le 11 avril de l’année dernière, les professionnels de la publicité, et leur organisme d’autodiscipline, qui s’appelait alors encore le BVP, ont pris deux engagements forts : encadrer plus strictement les allégations publicitaires au regard du développement durable et de l’environnement, et faire évoluer l’autorégulation publicitaire vers une régulation professionnelle de la publicité partenariale, plus ouverte et plus efficace. Ces engagements ont été déclinés par toute une série d’obligations. Ils ont également été traduits dans la loi dite Grenelle 1, en date du 3 août dernier, qui demande dans son article 54 le développement d’une régulation professionnelle de la publicité en concertation avec les associations concernées.

Force est de constater que les 6 articles de la Charte pour une publicité éco-responsable, qui constituent chacun un engagement précis, ont tous été mis en œuvre, et cela en un an seulement. Les contraintes fortes que ces engagements entraînent pour l’activité publicitaire (comme, par exemple, la consultation systématique de l’ARPP pour toute campagne utilisant un argument écologique, ou la mise en place du nouveau jury publicitaire), ainsi que leur prise en charge financière par les professions, ont été acceptées et assumées par les entreprises du secteur alors qu’elles subissent une crise économique sans précédent. L’esprit de responsabilité sociale des acteurs de la publicité pour prendre en compte les exigences de notre société en matière de développement durable a pu se développer en dépit des très fortes difficultés du secteur. La concertation et le partenariat engagés avec les associations y ont aidé, grâce à la nouvelle gouvernance établie avec elles.

Tous ces efforts menés en commun ont-ils permis d’aboutir à un meilleur comportement de la production publicitaire ? L’étude menée avec l’ADEME permet de répondre affirmativement à cette question, puisqu’en dépit d’un recours beaucoup plus important à l’argument écologique, il a été multiplié par deux en un an, le taux de manquements, par rapport à nos règles déontologiques pour les 15 698 publicités analysés par l’ADEME, a été, lui, divisé par deux par rapport à l’année précédente, soit 3% des visuels contre 6% auparavant. Ce bon résultat, obtenu en seulement un an, cependant ne peut être pleinement satisfaisant. Dans certains secteurs, comme celui des transports et de l’habitat, du travail reste à faire et la mobilisation des professionnels doit rester entière.

Grâce à l’impulsion des pouvoirs publics et aux efforts des professionnels, la publicité en France a pu mettre en place une gouvernance exemplaire et inédite. En passant de l’autorégulation à une régulation professionnelle plus efficace et plus ouverte, les professionnels de la publicité et leur organisme d’autodiscipline offrent à notre société un modèle de gouvernance pour la publicité qui est devenue participative, puisqu’elle collabore désormais activement avec les tiers concernés, ainsi que transparente et impartiale dans le contrôle et la sanction des manquements aux règles professionnelles. Ce type de régulation privée, plus crédible et plus efficace aux yeux de l’extérieur, peut ainsi se placer en complément de la régulation publique et peut pratiquer, comme le demande la loi Grenelle 1, une véritable co-régulation avec la société civile et les pouvoirs publics.

A la veille du vote sur la loi Grenelle 2, ces résultats constituent un signal fort de la détermination des professionnels de la publicité à œuvrer pour une publicité toujours plus éco-responsable.


Jean-Pierre Teyssier
Président de l’ARPP



Publié le : 16 septembre 2009.

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