Nouveaux médias électroniques : la régulation professionnelle s’approfondit

Les nouveaux médias électroniques posent des défis inédits en termes de régulation de la publicité : extra-territorialité, non identification, rythmes très rapides, dématérialisation, chaîne d’acteurs complexifiée, formes inédites de messages, participation du public à la conception et à la diffusion des messages, frontière très ténue entre le publicitaire, le rédactionnel, le ludique voire le contractuel, etc.

L’extrême difficulté pour la régulation publique à encadrer au niveau national des communications souvent conçues et diffusées depuis l’étranger confère de facto à la régulation professionnelle – qui repose sur un principe de responsabilisation, d’intériorisation des règles par les professionnels, par intérêt bien compris – un avantage indéniable.

Encore faut-il que cette dernière invente des modalités opératoires à la hauteur des défis. Certes, cette question ne constitue pas une nouveauté pour les organismes de régulation professionnelle. En France, par exemple, l’ARPP s’est dotée depuis 2000 d’un Code déontologique dédié à Internet et s’est entourée des grands acteurs du secteur (IAB,SRI, MMA notamment), qui siègent pour la plupart à son Conseil d’Administration. La mise en place récente du Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) permettra par ailleurs d’associer le public – via ses plaintes – à la vigilance déontologique sur ce secteur.

Mais cela n’est pas encore suffisant et il convient, pour ne pas se laisser distancer par un secteur très évolutif, de marquer clairement la responsabilité de la régulation professionnelle, et de l’autorégulation publicitaire sur ce terrain. C’est à cet effet que l’Alliance Européenne pour l’Ethique en Publicité (EASA) vient de mettre au point, à l’intention de ses membres, une plate-forme de bonnes pratiques, résultat d’un long processus de concertation entre annonceurs, agences et médias. Ce texte marque de vraies avancées, notamment en termes de définition de ce qui peut être considéré comme de la publicité et, donc, relève du champ de l’autorégulation.

Il reste maintenant à transposer ce texte au niveau national, en tenant compte de la maturité et des spécificités du marché propres à chaque pays. Pour la France, l’ARPP se met tout de suite au travail, ayant bien conscience que l’affaire est de toute première importance aussi bien pour la société civile que pour les pouvoirs publics. Rendez-vous au printemps pour une position finalisée.


Jean-Pierre Teyssier
Président de l’ARPP
Président de l’EASA




Publié le : 2 décembre 2008.

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