Le Jury de déontologie publicitaire : premier bilan après un an

En juin 2008, les nouveaux statuts de l’ARPP ont entériné la décision prise à l’unanimité, après plusieurs mois de réflexion, par nos administrateurs de doter le dispositif de régulation professionnelle d’un Jury en charge des plaintes du public. A l’époque, le pari pouvait paraître audacieux. Qu’en est-il un an après son démarrage en novembre 2008 ?

L’affaire pouvait sembler risquée. Comment gérer l’hypothèse de contradictions entre les décisions du Jury et les conseils avant diffusion de l’ARPP ? Comment faire face à un éventuel afflux massif de plaintes ? Que faire si, d’aventure, les professionnels refusaient de se prêter à cette nouvelle contrainte ? Quid si une des décisions du Jury se retrouvait attaquée en justice ? Ou bien mise au défi si la campagne déconseillée était renouvelée ? Bref, les motifs d’inquiétude ne manquaient pas, même si, en face, ce Jury apportait un avantage considérable : celui de crédibiliser tout le dispositif d’autodiscipline avec un système de sanction désormais indépendant et impartial.

Un an après, avec le recul, nous pouvons saluer cette novation réussie et le courage des professionnels qui l’ont voulue ; Les risques redoutés ne se sont pas produits. Les professionnels et les entreprises de la publicité ont accepté et joué le jeu. Les associations et les pouvoirs publics ont reconnu l’intérêt de cette nouvelle institution extra-juridictionnelle au service des consommateurs. Dans son fonctionnement, le maximum a été fait par le JDP pour faciliter la démarche des consommateurs souhaitant se plaindre. Une attention particulière a été portée à la procédure d’instruction pour assurer son équité pour les parties concernées. Plus de 30 décisions ont été publiées, faisant preuve d’une rigueur dans le traitement et d’une impartialité unanimement saluées. La plupart l’ont été dans un délai ne dépassant pas un mois. Tous les plaignants ont reçu une réponse. Et les décisions sont bien relayées par les médias.

Au total, le système fonctionne. Et plutôt bien. La publication des décisions permet tout à la fois de signaler publiquement les professionnels n’ayant pas respecté les règles de la publicité et de faciliter la pédagogie autour de ces règles.

Ce succès est très largement imputable à la qualité des personnalités indépendantes, Mmes Hagelsteen et Michel-Amsellem au premier chef, Présidente et Vice-Présidente du JDP, qui ont accepté d’apporter leur temps, leurs compétences et leur expertise pour faire vivre ce jury. Il convient également de saluer les professionnels – annonceurs, agences, médias – qui, dans leur très grande majorité, ont accepté de jouer le jeu, en dépit des contraintes supplémentaires qu’il comporte. Ils répondent très sérieusement aux demandes d’instruction, sont la plupart du temps présents aux auditions et acceptent les décisions rendues, y compris si cela implique de renoncer à une campagne. Ce comportement illustre la responsabilité sociale du secteur.

Maintenant que le Jury a démontré son utilité et sa qualité, le défi des mois à venir sera certainement celui de la quantité, c’est-à-dire d’une capacité à suivre – à niveau de qualité inchangé - une éventuelle progression du volume des plaintes. Nous y réfléchissons.


Jean-Pierre Teyssier
Président de l’ARPP



Publié le : 16 décembre 2009.

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