Homosexualité en publicité : le dilemme et les bornes

Une récente publicité TV Dolce et Gabbana suscite des réactions de certains téléspectateurs qui s’adressent au BVP. Ces plaintes font écho à celles que nous recevons régulièrement lors de la visualisation de couples ouvertement homosexuels.

On y voit deux personnages, un jeune homme et une jeune femme, manifestement pressés, se frayer leur chemin dans une grande ville, la nuit, le film donnant l’impression qu’ils ont rendez- vous l’un avec l’autre. Arrive l’instant où ils se rejoignent … mais en fait, ils ont l’un et l’autre rendez vous avec d’autres personnes, l’homme avec un homme, qu’il embrasse sur la bouche et la femme avec une femme, qu’elle embrasse sur la bouche. L’ensemble donne l’impression d’un miroir, chacun des personnages semblant embrasser son double.

Les plaintes reçues au BVP au sujet de ce film invoquent le motif de la protection de l’enfance. Elles nous disent en substance : « je n’ai pas de problème avec l’homosexualité mais je ne veux pas que la publicité se mêle de l’éducation de mes enfants sur ces questions en leur montrant ces images, il m’appartient de décider de quand je leur parlerai de ce sujet ».

S’agissant d’un spot TV, le BVP a bien évidemment eu à examiner cette publicité avant sa diffusion et lui a délivré un avis favorable, sans restriction de diffusion.

Il est certes difficile de trancher sur ces sujets où deux principes déontologiques d’égale légitimité se trouvent en contradiction : d’un côté, le principe de protection des enfants, suivant la logique exposée supra par les parents qui nous écrivent et, de l’autre, le principe de non discrimination à l’égard de minorités.

De fait, la doctrine déontologique qui s’est imposée depuis la très sensible affaire du salon Rainbow Attitude (automne 2005) consiste à accepter des représentations publicitaires de personnages ouvertement homosexuels, à condition que les postures ne soient pas hyper-sexualisées et les propos non choquants pour le grand public. L’idéal, pour concilier les deux principes déontologiques évoqués ci-dessus, étant de rester dans l’implicite ou un degré de lecture supposant une certaine maturité, ne permettant pas le décodage du message par des jeunes enfants.

Le spot Dolce Gabbana satisfait ces conditions. En revanche, cela n’est pas le cas d’une récente affiche de l’INPES représentant très crûment deux personnages masculins nus en plein acte sexuel, représentation qui ne serait pas plus acceptable pour un couple d’hétérosexuels. Le BVP a mis en œuvre sa procédure d’intervention après diffusion.



Publié le : 18 décembre 2007.

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