Dessous et politique : fallait - il s’abstenir ?

La dernière campagne de la marque de lingerie Triumph a provoqué l’ire de l’association La Meute.

Cette campagne, diffusée par voie d’affichage, se décline en deux visuels dans lesquels une jeune femme en lingerie Triumph déclare « enfin une candidature bien soutenue » dans l’un et « avec moi, pas d’abstention » dans l’autre.

Consulté par l’agence avant la diffusion de cette campagne, le BVP a déconseillé, sur le motif de la dignité des femmes, un visuel où la jeune femme blonde était représentée allongée sensuellement sur un lit, un doigt dans la bouche et disait « avec moi pas d’abstention ». Ce visuel n’a pas été diffusé. Plus globalement, le BVP a conseillé la modification des deux slogans, réticent sur « la référence au vote et à la politique en période électorale ». Sur ce point, son conseil n’a pas été suivi.

L’association La Meute s’est publiquement indignée de cette campagne en ces termes : « pour la première fois dans l’histoire en France, quatre femmes politiques (sur douze candidats) se présentent à l’élection présidentielle […]. C’est pendant ce temps fort de la démocratie qu’une marque de sous-vêtements choisit d’exhiber des corps de jeunes femmes en les associant à des slogans qui caricaturent le processus électoral.[…] Utiliser en ce moment le vocabulaire de la politique pour vendre des sous-vêtements, c’est […] chercher à dévaloriser des femmes qui se présentent à nos suffrages, en les associant à des corps offerts […]. »

Ce dossier (sur lequel le BVP n’a pas reçu d’autre plainte) illustre toute la difficulté de l’exercice d’évaluation déontologique dans lequel il faut non seulement juger des problèmes manifestement présents mais également essayer d’imaginer tous ceux, bien que non évidents, qui risqueraient de se présenter. Les deux points sur lesquels le BVP a délivré son conseil relèvent pour leur part d’une doctrine constante. Pour le reste, aucune ressemblance physique entre la jeune femme en lingerie et une des candidates en lice pour la présidentielle ne permettait de craindre un rapprochement douteux. Et pour ce qui concerne l’atteinte potentielle à l’image globale des femmes en politique : aurait-on soupçonné une atteinte à l’image de leurs homologues masculins si la publicité avait représenté un homme ?



Publié le : 15 mai 2007.

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