Communication d’organismes publics : le BVP a-t-il son mot à dire ?

L’intervention du BVP, en décembre dernier, pour demander le retrait d’affiches de publicité de lutte contre le Sida, émanant de l’INPES, a provoqué plusieurs types de controverses.

Nous avons déjà expliqué le fondement de cette intervention et n’y reviendrons pas. Une critique, cependant, a retenu notre attention et mérite, à notre sens, un retour sur ce dossier : portant non pas sur le fond de notre analyse mais sur la légitimité même de la demande de cessation de diffusion émise par le BVP, elle insistait tout particulièrement sur le fait que l’organisme de régulation professionnelle de la publicité n’était pas fondé à intervenir sur une campagne d’un organisme public ayant reçu l’aval du Ministère de la Santé et l’assentiment des parties prenantes concernées, à savoir les associations de lutte contre le Sida.

A première lecture, cette critique peut faire sens : finalement, que vaut l’avis d’un organisme généraliste et – comble de l’ignominie - privé, face à celui d’experts bénéficiant de l’onction publique ?

Néanmoins, elle ne résiste pas à l’analyse, tant elle mêle des natures de légitimité et de compétences qui n’ont rien à voir. La validation d’une campagne par un organisme public, voire par son Ministère de tutelle, sanctionne essentiellement sa pertinence au regard non seulement de la science mais également des considérations stratégiques qui ont présidé à l’élaboration de la campagne. L’analyse déontologique à laquelle se livre le BVP, quant à elle, ne prétend nullement à ces types d’expertise et se concentre uniquement sur les trois critères clef d’une communication déontologique : ne pas tromper ou induire en erreur, ne pas choquer (en prêtant une attention particulière aux jeunes publics), et ne pas nuire (aux individus, à la société).

Dans le cas de la campagne INPES, le bât blessait sur le second critère. Mais dans d’autres campagnes émanant d’organismes publics ou para-publics, nous avons pu être conduits à nous positionner en fonction des autres critères. Les cas ne sont pas rares. Tout simplement parce que les organismes publics, ou para-publics, sont des annonceurs comme les autres qui peuvent, à force de se concentrer sur les objectifs et la cible spécifiques d’une campagne donnée, en oublier le contexte global de réception des messages. Nombreux sont ceux, d’ailleurs, qui, s’ils sont adhérents du BVP, nous soumettent leurs campagnes pour conseil, avant leur diffusion.



Publié le : 20 février 2008.

-
Débat

-
Homosexualité en publicité : le dilemme et les bornes

-
Tauromachie et publicité : le BVP dans l’arène

-
Mac Donald’s : la clim’ en question

-
Mitsubishi : comment ne pas aller trop loin

-
Publicité et développement durable : débat en vue

-
Dessous et politique : fallait - il s’abstenir ?

-
Tendance : la " Trash attitude" séduit la publicité ?

-
Récupération du politique en publicité : toujours plus

-
Marithé et François Girbaud : guerre et pub

-
Développement durable : regarde les voitures tomber