Alimentation : les annonceurs face à leurs responsabilités

Un an quasiment après l’entrée en vigueur des mentions obligatoires dans les publicités alimentaires, l’heure est venue de faire un bilan sur ce secteur publicitaire, dans un contexte où des associations relancent une offensive arguant de l’irresponsabilité supposée des annonceurs de ce secteur.

- en ce qui concerne l’application des mentions alimentaires, le BVP – bien placé puisqu’il voit passer l’intégralité de la publicité TV – note que la très grande majorité des spots relevant du périmètre concerné par les mentions comportent ces mentions (moins de 2% ne les ont pas). Les annonceurs ont très massivement fait le choix de s’aligner sur les exigences d’information posées par décret. Chacun peut ensuite contester le bien-fondé de ce décret et des mentions qu’il impose – ce que font certaines associations – mais il ne peut pas être fait procès aux annonceurs de chercher à échapper au devoir d’information qui leur a été ainsi posé ;

- par ailleurs, sur le fond des messages, l’interprofession a adopté en 2003 des règles strictes en matière de représentation dans la publicité des comportements alimentaires des enfants (cf. Code Enfant, repas équilibrés, pas d’excès, pas de grignotage, etc.). Le BVP veille à la diffusion de ces règles et à leur bonne application. Désormais, les annonceurs et les agences les maîtrisent bien et nous avons moins à intervenir qu’en 2004-2005 (une seule demande de modification au stade de l’avis définitif sur ce fondement et 53 conseils de modification donnés au stade de la conception des projets). A ce titre, rappelons que l’étude européenne menée par l’EASA sur la publicité alimentaire à la télévision en 2006 a relevé une proportion moyenne de 3,79% de manquements aux règles à l’échelon européen … avec un score français de 0% de manquements ;

Ces résultats plus qu’honorables, à porter au crédit de l’autodiscipline du secteur, se comprennent dans un contexte de très forte mobilisation des annonceurs du secteur face à leurs responsabilités en matière de santé publique. Aucun annonceur sérieux ne cherche, ni même ne songe, à échapper à ces responsabilités. Rappelons d’ailleurs l’engagement récent, spectaculaire, que viennent de prendre à l’échelon européen onze géants du secteur agro-alimentaire - Burger King, Coca-cola, Danone, Ferrero, General Mills, Kellog’s, Kraft, Mars, Unilever, Nestlé et PepsiCo – de renoncer à la publicité en direction des moins de 12 ans à partir de janvier 2008.

Autant de signes qui soulignent à quel point l’autorégulation – les règles que l’on s’impose à soi-même – peut permettre d’aller plus loin et plus vite que des modes classiques de régulation. La bonne gouvernance et la recherche d’efficacité supposent que l’on explore en préalable les possibilités offertes par l’autorégulation avant de décider, si l’on constate qu’elle a échoué, à réglementer.



Publié le : 18 décembre 2007.

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