Act Up : tant qu’il y aura des sexes

La dernière campagne d’Act Up, réalisée par l’agence CLM-BBDO, fait une fois de plus le choix de provoquer pour toucher.

Le visuel représente un gros plan sur un entrejambe nu, jambes largement écartées, le sexe étant flouté, comme gommé. Il est décliné en une version féminine et une version masculine. Le message que cette campagne tous publics cherche à véhiculer est que le Sida concerne tout le monde, pas uniquement les groupes dits « à risques » et que, donc, tout individu doté d’un sexe doit prendre ses précautions.

Contrairement à ce que d’aucuns ont, semble-t-il, laissé entendre, le BVP n’a pas été consulté sur ce dossier et n’a pas, a fortiori, émis d’avis négatif. Mais puisqu’on nous prête des prises de positions, autant que le message émis soit clair ;

Proposée pour une diffusion en affichage, cette campagne pose effectivement, de notre point de vue, un double problème, qui la rend incompatible avec ce support de diffusion grand public :

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 l’image, elle même, est indéniablement dérangeante, très troublante, difficile à afficher en 4X3 dans les rues de nos villes, surtout aux yeux de jeunes enfants qui ne la comprendraient pas ;
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 l’explication de cette image, qui pourrait en atténuer la brutalité symbolique, est écrite en bas d’affiche en petits caractères, peu lisibles, surtout quand on se trouve en situation de mobilité, ce qui est souvent le cas pour le public face aux affiches.

Entendons nous bien : ces réserves portent sur l’affichage, média sensible parce qu’exposé au regard de tous, sans ciblage, sans possibilité de choix de la part du public. La diffusion en presse est a priori moins problématique, pour ce qui concerne la gêne potentielle occasionnée au public et notamment au jeune public.

Publié le : 30 mai 2006.

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